Les nombres

Les nombres invitent à la réflexion et activent la pensée de celui qui s’interroge sur les grands mystères. L’action du nombre associée aux formes géométriques permet un approfondissement philosophique plus rapide que ne saurait le faire l’exercice de l’écriture ou de la lecture.

L’écriture obéit à une construction logique et ordonnée et offre la possibilité de développer une idée de façon construite. Néanmoins dès que la rédaction sort de ce schéma le lecteur perdra le fil de ce qui lui est proposé. De la même façon l’emploi de mots trop complexes eux-même utilisés dans des phrases trop longues perdront le lecteur. Dans l’écriture tous les mots sont soumis à controverse dès lors que le lecteur exerce une lecture critique. Ce qui est exprimé n’est pas forcément compris comme souhaité. Inversement ce qui est lu n’est pas forcément accepté comme le lecteur si attend. Le fait de lire passe par le canal de l’analyse avant d’agir sur la créativité et l’inspiration. L’écrit sollicite les facultés liées au cerveau gauche (analyse et déduction) avant de mettre en éveil le cerveau droit.

Alors que les nombres associés aux symboles vont solliciter le cerveau droit en priorité. C’est le siège des perceptions sensibles. Symboles et nombres génèrent une forme d’émotion qui illustre assez bien ce que l’ésotérisme cherche à mettre en mouvement en nous.

L’oeil de la providence, le – 3 –  » et le – 1 –

Les symboles ont la particularité d’agir sur l’ensemble de la pensée presque de façon immédiate et globale. L’oeil perçoit et tout l’être ressent. Par la simple observation de ce symbole tout le système de pensée se met en oeuvre et laisse remonter de façon pêle-mêle : des connaissances, des croyances, des impressions, des avis, une attirance, un rejet.

Les nombres s’inspirent à la fois de l’écriture et des symboles. Les nombres peuvent s’écrire, se dessiner ou être imagés. Le « 1 », le « 2 » ou le « 3 » comme tous les autres nombres sont relation endogène avec leur milieu culturel et social ainsi qu’avec l’histoire de leur territoire.

Sur une échelle de valeur un même nombre peut-être positionné au plus bas, assimilé à un moyen de compter, au plus haut comme l’expression du sacré.

Deux opposés, le mal et le bien

Chaque culture placera une valeur en particulier dans le nombre et pourquoi pas lui conférer une capacité d’action ou un pouvoir.

Pour l’Islam le 19 est un nombre de grande importance : ils sont 19 à y veiller (74:30), le Coran est composé de 114 sourates soit 6*19. Le nombre 19 associe la 1ère dizaine au dernier nombre de la dizaine pouvant illustrer le début et la fin.

Dès qu’un nombre est associé à une forme, le cerveau gauche collabore avec le cerveau droit et génère une émotion.

Nombres de – 1 à 5 –
Sceau de Salomon Nombre – 6 –

Notons qu’il existe presque autant de sciences des nombres que de pensées philosophiques ou de spiritualités. A chaque fois les valeurs accordées aux nombres ont pour vocation principale de conforter ou d’illustrer la doctrine d’une spiritualité.

La science qui associe les nombres à des lettres de l’alphabet et qui les valeurs des lettres d’un mot s’appelle la gématrie. Dans la tradition hébraïque les nombres occupent une place déterminante, chaque lettre correspond à un nombre, l’addition des nombres d’un même mot ouvre soit une correspondance avec un autre mot soit donne un sens particulier au mot.

Par exemple le Shaddai qui est l’un des noms de Dieu « Dieu Tout Puissant » s’écrit shin, yod et daleth et correspond aux valeurs 300, 10 et 4 soit 314 au total. Le hasard s’il existe permet une réduction de 314 (3+1+4) égale à 8 qui dans la tradition chrétienne correspond au nombre de Christ. Notons que Schaddai est cité 33 fois dans la bible ce qui peut être rapproché à la fois de l’âge de Christ 33 ans à sa mort et au nombre de vertèbres d’une colonne vertébrale.

La gématrie est une science dont les nombreux replis dont les aboutissements sont multiples et sujets à de longues discussions.

L’approche proposée dans ce travail ne s’inspirera que très peu de la gématrie, il reprendra ce qui a fait la pensée entre le Xème et le XIIème siècle, dans la période romane et les tous débuts de l’art gothique.

Le UN


Le « un » symbolise l’unité, le tout, le grand tout, le sommet, le centre, l’axe, l’origine, le début, la fin, l’invariable, le stable.

Déjà le celtisme reconnaissait une dimension divine dans le « 1 » voire d’espace divin comme le propose Martinez de Pasqually en citant le cercle divin de valeur 10 (la réduction de 10 est 1+0 c’est à dire 1)

Le nombre 1 est souvent associé à la divinité dont la nature est ineffable au point que nous pouvons nous interroger si le 1 est réellement un nombre.

La discussion peut s’engager sur la nature du nombre 1 et de son opération au regard de l’addition et de la multiplication à lui même.

La genèse 1:28 s’adresse aux hommes en disant « Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre… » Très logiquement le plus grand nombre des lecteurs comprendra que les hommes procèdent de la multiplication.

Les hommes seraient donc appelés à se multiplier. Il n’en sera rien car cette idée fut discutée au Concile de Nicée avec pour conclusion d’associer la multiplication à Dieu, Dieu étant unique et l’addition aux hommes, l’homme s’ajoutant à la femme pour procréer.

La principale justification en était le rejet de l’arianisme condamné par l’Eglise car l’arianisme reconnaissait Christ que dans sa seule nature d’homme.

L »opération de la multiplication de « un » par « un » avec pour résultat « un », impose de façon déterminée de reconnaître Dieu comme étant unique et éternel, seule l’humanité s’ajoute à elle-même.

Dans cette même logique aucune forme géométrique ne saurait figurer le « un » seules des allusions ou des marques pourraient l’évoquer comme par exemple : le cercle, le point, le trait ou le croisement de deux traits.

Rosace Notre Dame de Strasbourg

Le cercle forme géométrique complexe ne pouvant s’exprimer que par l’existence de son centre et de son rayon (le centre est un point) peut être symboliquement associé à l’espace divin. C’est la rosace d’une cathédrale ou encore ce que le ciel pourrait inspirer à l’homme, de jour comme de nuit. En photo la rosace dont le centre est composé de cinq lobes, symbole de l’Homme réintégré dans le cercle divin.

De nombreuses traditions parlent d’immensité divine au centre de laquelle serait Dieu, notons que les hommes ont besoin de se faire une représentation d’un lieu divin. Il se manifestera soit dans leur esprit soit qu’ils le reconnaitront physiquement en un endroit reconnu comme sacré.

Au centre la divinité et les bords du cercle marquant la distance avec les hommes.

Le soleil, premier luminaire céleste, cercle par excellence a souvent été vénéré comme un dieu ou considéré comme sa manifestation ou pour le moins comme une illustration de sa puissance.

Le point évoque aussi le centre ; chaque point placé sur le cercle est à égale distance du centre, c’est l’équilibre entre nous et notre centre, c’est le chemin à parcourir.

Là aussi, le soleil est unique et trace un arc de cercle dans le ciel, il évoque le temps qui passe, marque les solstices et les équinoxes, il assiste aux événements de la vie. Le début, la fin comme le feraient les rouelles de Taranis ou le chrisme dans une médaille.

Le point peut également servir de centre à plusieurs cercles ou à une spirale évoquer l’éloignement ou le rapprochement de son axe.

Le trait qu’en à lui inspire davantage le début d’un dénombrement ou devient un signifiant selon son orientation.

Le trait horizontal, référence même à l’horizon, s’exprime comme une représentation de la terre, de la matérialité. C’est aussi la somme de toutes les actions des hommes sur terre ou l’accomplissement d’un individu dans la matérialité.

Le trait vertical, référence à la verticalité, résume assez bien le lien entre la terre et le ciel ou l’expression théologique de se mettre dans la verticalité. C’est l’espérance du ciel, du divin, l’échange entre le haut et le bas comme l’échelle de Jacob et les anges allant entre terre et ciel. Le trait vertical à l’image du pieu enfoncé dans le sol pour tracer le cercle d’un rituel ou encore le gnomon pour fixer le nordet les autres directions sans oublier le zénith et le nadir.

Traits, horizontal, vertical et la rose où se croisent les traits

Le point où se croisent l’horizontalité et la verticalité est le lieu du grand secret, celui du plus profond de l’âme, c’est le seuil du monde de l’esprit, c’est le passage vers ce qui est infiniment plus grand que nous et inconcevable à notre. niveau de compréhension.

Le point c’est aussi le lieu où je dépose la Rose, le parfum des efforts pour me hisser vers la Lumière, la beauté de mes attentions dans le monde et la récompense de la rosée qui me permet d’éclore sous le soleil levant.

Le DEUX

Le deux symbolise à la fois l’opposition et la complémentaire. Le deux s’obtient par l’effet de l’addition du « un » au « un » ainsi l’unique se manifeste dans la création

Le « deux » peut également s’obtenir par la division du « un » Cette opération surprenante pour le moins n’est pas de l’ordre des mathématiques mais d’un geste. Une poterie peut être rompue en 2. C’est le symbolon employé par les grecs pour conclure un contrat car les 2 pièces sont complémentaires et une fois réunies le « un » est recomposé. 

Une approche des écritures saintes apportera un éclairage complémentaire pour comprendre les nombres de « un » à « trois » 

En référence à la genèse rappelons-nous qu’au commencement Dieu vit que la terre n’était que chaos et vide, l’Esprit de dieu planait au-dessus de l’eau, cette situation semblait ne pas lui convenir. C’est ainsi que dans l’ordre de la création le premier jour Dieu créa la Lumière, Il vit qu’elle était bonne et Il la sépara des ténèbres, il y eut ainsi un premier jour et une première nuit. 

Le premier jour est marqué par un acte significatif avec la création de la Lumière. Dans Jean 1 :4 le texte précise que la vie était dans la Lumière. Ainsi la création de la vie procède de l’opération de l’Esprit par la volonté de Dieu. Par un effet de raccourci les hommes rapprocheront le concept de la lumière à Dieu mais retenons principalement la création de la vie. Aujourd’hui l’Esprit a perdu son E majuscule, mens, raison et intellect en apportent une nouvelle définition alors qu’à l’origine l’Esprit avait un caractère d’intelligence divine. 

Le deuxième jour Dieu ordonne la séparation des eaux en une étendue appelée ciel distincte de l’eau. Le ciel est en haut, l’eau est en bas. Dans l’encyclopédie des symboles l’eau est associée à l’âme. L’idée que peuvent se faire nos contemporains au sujet de l’âme est quasi laïque, ils la considèrent sous l’angle des ressentiments, d’états psychiques ou de moralité dictée par un courant sociétal ou religieux. Les grecs disaient de l’âme qu’elle anime le corps, non pas comme moteur unique de la vie mais donnant du sens à la vie. Or l’âme subtile par nature correspond à la vraie nature de l’homme, elle relève du monde manifesté. L’âme se nourrit du dialogue intérieur, celui qui amène à la connaissance de soi, à ses origines et à sa raison d’être. 

Le troisième jour Dieu commanda que l’eau se rassemble en un seul endroit pour laisser apparaître le sec, appelé terre, qui sera ensemencée pour porter la verdure et les arbres. Symboliquement la terre fait référence à la dimension matérielle et au corps.

Ces 3 premiers jours de la genèse revêtent une importance capitale dont la portée théologique va donner du corps à la dimension symbolique des 2 premiers nombres.

Le « un » qui est associé à l’action de l’Esprit crée la vie et procède de la volonté de Dieu. Le « un » premier nombre impair agit et s’additionnera aux autres nombres pour former des nombres pairs et impairs alternant ainsi action et transition.

Le « deux » figuré dans la genèse avec le ciel et l’eau est associé à l’âme mais avec une partition qui lui confère une double nature. Une partie haute de l’âme exprimée par le ciel et donc proche de la Lumière et par voie de conséquence de la vie. Une partie basse représentée par l’eau dont l’onde s’échoue sur les rives de la terre c’est-à-dire le corps.

Le « deux » en 2 parties du « un » et le « deux » en 2 parties distinctes

Si le « deux » est considéré comme un trait brisé en 2 les parts sont interdépendantes. Le fait de les rassembler recompose le « un » c’est-à-dire l’unité. Ce qui suppose d’avoir la préscience de quelque chose de supérieur à laquelle l’homme désire se rapprocher. Par la connaissance de soi et conscient de son origine divine, l’homme oriente la partie basse de son âme vers le ciel (partie haute de l’âme) pour ne plus faire qu’un avec la Lumière, comprenons la vie éternelle.

Si le « deux » est imagé par 2 points chacun ayant sa propre nature, ils ne formeront jamais l’unité mais la dualité. Ainsi un nombre pair additionné à lui-même donnera un nombre pair à l’image d’un damier sans fin. C’est le questionnement permanent pouvant être perçu comme la quête d’un équilibre jamais trouvé, une situation perpétuellement transitoire sauf si l’Esprit intervient par l’addition du « un » 

Le TROIS

Le « un » s’ajoute au « deux » pour former le nombre « trois » son action est de nature divine, elle permet de rétablir l’équilibre et manifeste de façon perceptible l’action divine.

A l’image du tabouret instable sur 2 pieds, la pose du 3ème pied confère de la stabilité, celui qui prendra place sera bien installé. 

Le « trois » est représenté par le triangle. Il inspirera les triades, la pensée pythagoricienne, la trinité, la complétude et en raison de son caractère divin le « trois » développera un langage ésotérique autour des nombres triangulaires.

Le triangle est la première forme géométrique exprimée par un nombre, si le nombre « trois » peut être représenté par 3 points il ne sera complet que lorsque les 3 points seront réunis par 3 traits. 

Pour le Sumériens la forme traditionnelle du triangle est équilatérale, les 3 cotés ont la même longueur, chaque angle s’ouvre à 60°. La propriété de ce triangle a une portée insoupçonnée sur notre façon de compter.

4 doigts et 12 phalanges

Les sumériens n’utilisaient pas le système décimal. Pour compter avec leurs mains ils repliaient le pouce dans la paume et tendaient les 4 autres doigts de la première main. Avec le pouce de l’autre main ils pointaient les 3 phalanges de chacun des 4 doigts de la première main. Cela avait pour résultat 12 (4 doigts * 3 phalanges) d’où le nombre « douze » Par extension le « 12 » se rapporte aux 12 mois de l’année, aux 12 signes du zodiaque, aux 12 heures, et par la suite aux 12 tribus d’Israël et aux 12 Apôtres. N’oublions pas que le carré de 12 (12*12) est une façon de sublimer le nombre de 12 et s’ouvre sur 144 en lien les 144 facettes de l’émeraude de Lucifer ou les 144000 élus marqués du sceau. A noter que la réduction de 144 vaut 9 (1+4+4=9) ou encore le carré de 3

La Jérusalem Céleste dans l’Apocalypse de Jean est représentée de forme carrée avec 4 fois 3 portes sur les côtés, les côtés mesurent 120000 unités, la muraille qui entoure la ville à une hauteur de 144 coudées. Cette description sera reprise et complétée pour expliquer la relation intime entre le « trois », le « quatre » et le « douze » 

En répétant cette opération 5 fois c’est-à-dire ; compter 5 fois les 4 doigts avec leurs 3 phalanges, les Sumériens obtenaient 60 (5*4*3) comme résultat ce qui nous rapporte aux 60° d’ouverture des angles d’un triangle équilatéral.

6 triangles 360°

En juxtaposant 6 triangles équilatéraux les Sumériens formaient un cercle. Or 6 triangles à 60° d’ouverture d’angle à chaque fois délivrent un résultat de 360°. Nous utilisons encore cette mesure de 360° de nos jours. La réduction de 360 correspond à 3+6+0=9 soit le carré de 3. Il va de même pour l’angle plat de 180° dont la réduction est 1+8+0=9 à nouveau le carré de 3

Pour Pythagore le triangle rectangle est remarquable en ce sens qu’il permet de rapprocher la surface d’un carré à celle d’un cercle, un article traite ce sujet en particulier. Pythagore reconnait deux autres propriétés au triangle rectangle :

L’addition des petites aires

La première permet de constater que quelque soit les valeurs des côtés, elles obéiront à une relation commune. En traçant un carré dont le côté est égal à un côté du triangle, le triangle sera bordé de 3 carrés, l’aire du grand carré sera équivalent aux aires des petits carrés.

La deuxième se rapporte à un triangle rectangle dont les côtés ont les valeurs 3, 4 et 5 et s’inscrivent dans l’opération 3 au carré + 4 au carré = 5 au carré ou encore 9+6=25. Ce dernier triangle, appelé triangle pythagoricien, est souvent repris dans les traditions ésotériques dont la maçonnerie spéculative. Son utilité opérative est à rapprocher de la corde à 13 nœuds dont les nœuds sont répartis de façon égale sur des intervalles fermés. Lorsque le maçon sur le terrain réunit les 2 bouts de la corde, donc le 13ème nœud sur le 1er puis en déployant la corde de façon à avoir sur chaque côté 3, 4 puis 5 intervalles, il obtiendra un triangle rectangle parfait. Les bâtisseurs de Cathédrales utilisaient cette technique pour le tracé au sol.

Le triangle « sublime » a un sommet ouvert à 36°, les angles contigus auront une ouverture de 72° (72 étant le double de 36) Notons que la réduction de 36 et de 72 est 9 c’est-à-dire 3+6 puis 7+2, le carré de 3 est à nouveau répété. De surcroit la somme de 72+72 donne 144 dont la réduction est à nouveau de 9 (1+4+4). Pour rappel 144 est le carré de 12. 

Une configuration de 5 triangles sublimes est reprise dans la Cathédrale de saint Etienne à Metz. Placés à l’arrière du chœur et signalés par des vitraux eux-mêmes porteurs de pentagrammes et qui heureusement n’ont pas été restaurés par Chagall. Les sommets des triangles se rejoignent sous le maitre autel, la valeur des 5 fois 36° au sommet donne un angle plat, 180° (5*36)

1 des 5 Pentagrammes Cathédrale de Metz

Le rapport des angles du triangle sublime peut se prolonger en 1, 2 et 3 ou encore 36*1=36, 36*2= 72 et 36*3=108 et de remarquer la relation 1/5 de 180° = 36, 2/5 de 180° = 72 et 3/5 de 180° = 108, qui symbolisera respectivement le ciel, la terre et l’homme.

Le triangle appelé delta lumineux à un sommet dont l’angle s’ouvre à 108° et les angles contigus à 36°créant ainsi un rapport de 5/3 entre la longueur des côtés et la longueur de la base. En appliquant la formule (5+3)/5 = 5/3 = 1.66 le delta lumineux évoque le nombre d’or dans ses proporitions.

Hippocrate apportera d’autres vertus au triangle. Selon que le sommet du triangle pointe vers le haut ou vers le bas la signification sera différente. La pointe vers le haut suggère le ciel, le feu et l’action de l’élévation. La pointe vers le bas symbolise l’eau, la goutte d’eau qui perle l’action d’une descente de l’esprit. Hippocrate utilise le triangle dans ses traités médicaux sur les humeurs, la pointe vers le haut la force, le feu et la bile jaune vers ; la pointe vers le bas l’eau, le cerveau et le côté lymphatique de l’individu.  

L’alchimie reprend les mêmes principes, la pointe vers le haut symbolise le feu, la pointe barrée en son sommet indique le chaud et le sec, la pointe vers le bas symbolise l’eau, la pointe barrée suggère le froid et l’humide. Les 2 triangles réunis forment la pierre philosophale.

Le nombre « trois » est également utilisé dans les triades celtiques, une référence souvent écartée qui pourtant correspond aux racines des européens à l’instar de la culture judéo chrétienne qui a été importée. Le « trois » est en relation directe avec le temps qui passe, les solstices et les équinoxes. Ces 4 moments du calendrier solaire peuvent être réduits à 3 et former le triban. 

Cette conception ternaire du temps est présente dans presque toutes les traditions païennes. Elle a d’ailleurs contribué à donner une structure commune aux temples. Entrée est à l’est. En Egypte les temples sont principalement situés sur la rive occidentale du Nil de façon à laisser l’ouverture vers l’orient par-delà les flots du Nil. Le temple de Salomon n’échappe pas à cette orientation Le temple s’ouvre à l’est, face au soleil levant, au fond du temple, le saint des saints est placé à l’ouest comme le serait la statue de Mithra. Les colonnes Jakin et Boaz dressées devant le vestibule sont en concordance avec les solstices, comme le fait un triban.

Le Temple de Salomon

Une ouverture du temple vers l’est permet de filtrer la lumière du soleil levant et de lui accorder trois natures : la lumière directe, la lumière indirecte et enfin la lumière intérieure. Trois natures mais également une progression initiatique à la connaissance de dieu. Celui qui a accès à la partie la plus sombre vit dans une clarté intérieure que ne peut connaître celui qui n’a pas reçu l’enseignement.

Il convient de noter que les édifices religieux chrétiens sont orientés à l’opposé, l’entrée est à l’ouest et l’autel à l’est, il en va de même des temples maçonniques. Les édifices romans étaient construits d’un seul tenant, toute la communauté des chrétiens était associée au culte. Ce n’est que progressivement que des jubés ont séparé le clergé des croyants et que le narthex ou vestibule était réservé aux catéchumènes. 

Trikel

Les triades illustrent l’ensemble de l’enseignement théologique celte, globalement elles se rapportent au principe de la tripartition, la terre, l’entre terre et ciel, le ciel. Trois points évoquent la terre mère, Gaïa. Le triskell est associé à la tri-unité créatrice du monde dont le symbolisme peut être curieusement mis en lien avec la trinité.

Trois grandes Lumières

Le nombre « trois » est présent dans le dogme de l’unité divine en trois personnes, le Père, le Fils et le Saint Esprit, la trinité. Tous 3 participent d’une même essence et pourtant ils sont différents. Cette conception a été imposée pour mettre fin à l’arianisme, le Fils est d’essence divine et ne saurait être de seule nature humaine. La discussion faisait rage à l’époque des conciles de Nicée et rappelons qu’elle a eu pour conséquence d’associer la multiplication à Dieu et l’addition aux hommes contrairement à ce qui est évoqué dans la genèse.

La condamnation de l’arianisme par l’église a également valu l’interdiction des représentations de statues à 3 visages ou de scènes à 3 personnages avec chacun son calice.

Les nombres triangulaires connurent un grand succès au moyen-âge, actuellement ils ne sont pas ou peu employés. Les nombres triangulaires et le nombre « trois » revêtent un caractère divin qui leur accordent une grande portée symbolique. Un nombre triangulaire est représenté sous la forme d’un triangle équilatéral. Le triangulaire de 4 est un triangle ayant 4 points à sa base et 4 rangées superposées de points. Le nombre de points par rangée est décroissant.

Le résultat d’un nombre triangulaire s’obtient selon la formule suivante R= T(T+1) /2

Le triangulaire de 3 est 6 c’est à dire 3(3+1)/2

Le triangulaire de 4 est 10 c’est-à-dire 4(4+1)/2

Remarquons que le triangulaire de 3 nous rapporte directement au sceau de Salomon et le 4 au Tétraktys de Pythagore (le tétraktys sera développé avec la présentation du nombre « quatre »)

D’autres nombres triangulaires remarquables :

666 le nombre de la bête dans l’Apocalypse ; double triangulaire de 8. Le nombre «huit » est associé à Dieu

45 le nombre de chambres recouvertes de bois de cèdres dans le temple de Salomon ; triangulaire de 9 dont le nombre est associé au renouvellement (9 est aussi le carré de 3)

153 le nombre de gros poissons de la pêche miraculeuse : triangulaire de 17 lui-même résultat de l’addition de 8 à 9 associé au retournement

Le QUATRE texte à venir 🙂

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