La montagne archétype du Temple

La montagne a toujours fasciné les hommes et a inspiré leurs croyances, la montagne fait le lien entre la terre et le ciel, elle préfigure le centre du monde et accueille les divinités.

Haut lieu pour les hommes, la montagne symbolise à la fois la descente de l’esprit et la montée en spiritualité des hommes, remarquable depuis la plaine elle concentre toutes les aspirations à s’élever. Bien plus que l’exploit physique de la gravir c’est le désir de l’accomplissement. Nos pieds portent alors nos âmes à la rencontre des Dieux. L’effort s’inscrit dans la persévérance nécessaire pour se réaliser.

La montagne c’est aussi le retournement, le changement de plan et le dépassement de ce que notre esprit ne peut concevoir. Ici dans la plaine notre horizon est borné tantôt limité par les arbres tantôt par la brume. Alors en gravissant pas à pas la pente, l’horizon s’ouvre à nous et porte nos regards toujours plus loin. Arrivés au sommet la vue s’offre tout autour de nous, l’immensité se dévoile et délivre notre pensée des frontières. Alors le sentiment d’être le centre du monde nous envahit, la montagne devient l’axe et nous nous confondons en lui en une nouvelle verticalité.

Pourtant saurions nous gravir ces pentes sans faire preuve d’humilité, l’arrogance de l’homme ne pourrait rivaliser avec la grandeur des lieux et de ceux qui l’habitent. Bélénos et Vogesus depuis toujours étaient les maîtres des lieux, Wotan, Dag, Hercule, Jupiter, Mithra et Baal se sont invités. Leurs commandements inspirent le respect et dictent nos lois, ainsi vont les grandes traditions en passant par le Mont Tabor ou le Mont Sinaï. Et les hommes en peine de montagne s’ingénieront à élever des Temples de pierres, toujours plus haut jusqu’à rivaliser avec l’impossible.

Les gardiens nous attendent au pied de la montagne et s’assurent de la réalité de notre désir, étape après étape ils nous interrogent sur notre libre volonté de continuer cette progression ;

« que venez-vous chercher ? »

La question revient à chaque fois et nos réponses deviennent autant d’interrogations.

Enfin nous voilà reçus, le sommet est sous nos pieds, notre tête est dans le ciel, les Dieux sont là. Et, dans une dernière mise en garde puisque nous avons résolument choisi de nous livrer à eux, les Dieux nous distinguent de la foule des hommes qui végètent sur la plaine. Ainsi nous formons une classe distincte animés par le goût des devoirs et l’exercice des hauts faits.

Désormais cette Lumière ne paraît luire que pour nous reprocher notre ignorance et nous rappeler nos engagements, puissions nous nous présenter en paix et avec amour.

Ainsi va notre foi

Vogesus

le 5 juin 2017